Vous rêviez de générer de l’électricité à chaque douche, vaisselle ou chasse d’eau tirée, sans même quitter votre salon ? Oubliez la construction d’un barrage sur la Seine ou la Garonne : l’hydroélectricité taille désormais sur-mesure… pour votre logement !
Quand l’arrivée d’eau devient centrale électrique
Loin de l’image d’Épinal du barrage géant enfoui dans la montagne, la start-up française ZeCub bouscule le quotidien en lançant un concept aussi ingénieux qu’accessible. Son idée ? Transformer le débit d’eau domestique – celui du robinet qui coule, du bain qui se prépare ou du lave-vaisselle écolo – en source d’électricité propre et locale.
D’après ZeCub, une famille (4 personnes, pas moins, mais pas besoin non plus de réquisitionner tout l’immeuble) consomme chaque année près de 220 m³ d’eau. Le filon semblait trop beau pour être ignoré ! La jeune pousse tricolore a donc conçu un boîtier au format valise cabine, prêt à se connecter à l’arrivée d’eau de n’importe quel logement en moins de trente minutes chrono. Oui, c’est rapide : le temps de faire infuser un thé, ou de monter un meuble suédois (sans les jurons).
L’électricité coule de source, et pas seulement en poésie
Derrière cette carapace compacte se cache une microcentrale redoutablement efficace. L’eau, en passant dans les turbines du boîtier ZeCub, voit sa pression et son flux immédiatement mis à contribution. Résultat : de l’électricité décarbonée à toute heure, 24h sur 24, soit directement utilisable par le foyer, soit stockée dans les batteries intégrées. Mieux encore, ZeCub promet de préserver (voire d’améliorer !) la qualité de l’eau, avec option « anti-calcaire » bienvenue pour toutes les machines à café et lave-linge du royaume domestique.
Les chiffres aussi coulent à flot. Ce petit boîtier turbo chez vous, c’est en moyenne 5 à 7 kWh d’électricité produite chaque jour. La start-up avance une économie de 1 € par jour, soit 30 € par mois. Le système sera loué aux particuliers à 15 € mensuels, doublant la mise avec 15 € de différence à la clef. De quoi soulager un peu la note d’électricité, surtout si la facture a déjà la fâcheuse tendance à grimper comme la mousse dans la machine à laver.
Pour multiplier les petits plaisirs, le tout se pilote via une application mobile. On y suit en temps réel sa consommation, sa production (de quoi frimer lors du repas du dimanche) et on anticipe éventuellement les fuites d’eau. Pratique et moderne, sans la moustache d’Albert Einstein.
Un boîtier pour tous, des économies partout ?
Loin de se contenter des particuliers, ZeCub vise les champions de la dépense en eau : industries textiles, cimenteries, hôtels, salons de coiffure… Autant de domaines où, chaque mètre cube économisé ou valorisé compte. Objectif : économies à grande échelle, au-delà de la sphère domestique, et émergence sur le devant de la scène technologique puisque la start-up concourt même au célèbre concours Lépine 2024. On surveillera donc de près l’arrivée du boîtier pour le grand public, prévue en 2025.
Des questions qui font des vagues
Alors, l’énergie de l’eau domestique, miracle ou mirage ? Forcément, quelques sceptiques nagent à contre-courant. Les fondements physiques interrogent : si la pression de l’eau, sollicitée pour générer l’électricité, diminue, le réseau domestique pourrait en pâtir. D’ailleurs, si le réseau d’eau doit compenser cette baisse de pression, il pourrait consommer plus d’énergie à grande échelle, ce qui serait contre-productif. Bref, la magie n’est pas au programme de la start-up, prudence scientifique oblige : pas d’énergie sortie du chapeau sans conséquence !
L’humour n’est pas non plus loin : « À chaque fois qu’on fait pipi, on génère plein d’électricité (à condition de tirer la chasse d’eau) » commente un observateur facétieux. De là à remplacer les turbines à vapeur des centrales géantes ? Il y a un océan à franchir, mais la comparaison au géant industriel amuse autant qu’elle interroge.
En conclusion, ZeCub apporte une vraie touche d’innovation dans la quête d’une énergie plus verte (et d’un portefeuille moins light). Mais comme pour toute bonne révolution technologique, le discernement et la curiosité restent de mise. Un conseil : gardez un œil sur la pression… et sur votre prochain relevé d’électricité !













