Vous avez la sensation d’être le roi ou la reine des écogestes, à force de traquer les moindres kilowattheures perdus et les robinets qui gouttent ? Pourtant, votre facture affiche encore un montant à faire pâlir un banquier. Si vous pensez déjà tout faire, il y a peut-être une erreur qui sabote vos efforts… Heureusement, il existe des moyens moins connus – et parfois plus efficaces – pour dompter la bête énergétique. On vous fait le tour, sans même vous demander d’éteindre la lumière en sortant… promis (enfin presque) !

Les écogestes classiques… déjà intégrés chez la plupart !

Vous en avez assez d’entendre parler d’éteindre la lumière ou de fermer l’eau en vous brossant les dents ? Rassurez-vous, Florence Clément de l’Ademe admet qu’il n’est même plus pertinent d’en parler tant ces habitudes font désormais partie du quotidien d’un grand nombre de foyers, au point de disparaître des brochures de l’agence. Alors, pourquoi la note continue-t-elle de grimper ?

Parce que ces « économies de bouts de chandelle » sont efficaces, mais ne suffisent pas à elles seules à transformer votre facture. À l’heure où l’énergie coûte de plus en plus cher, il faut parfois aller chercher l’économie là où on ne l’attend pas.

Évitez le piège des appareils en veille et mal utilisés

Nos maisons croulent sous les équipements électriques : consoles de jeux, téléviseurs, radios, sans oublier la fameuse box internet. Invisible mais vorace, elle consomme à elle seule autant qu’un réfrigérateur… quand elle reste branchée en permanence. Oui, ce carré de plastique peut vous coûter cher !

Optez pour une tournée de débranchement en fin de journée (ou à chaque fois que vous en avez fini avec un appareil). Pour simplifier la manœuvre : investissez dans une multiprise avec interrupteur. Un clic, et c’est tout un groupe de vampires électriques qui mordent la poussière.

Mais ce n’est pas tout : il s’agit aussi d’optimiser l’utilisation des gros consommateurs. Les machines à laver, par exemple, ont vu leur capacité augmenter au fil des ans, mais certains continuent de lancer autant de cycles qu’avant. Prenez le temps de bien remplir chaque machine et privilégiez le lave-vaisselle ou le lave-linge seulement quand ils sont pleins. Double gain, car ces appareils engloutissent aussi bien de l’eau que de l’électricité !

Petit bonus : méfiez-vous des idées reçues sur les programmes « éco » ou longs. Contrairement à la légende, ils ne consomment pas plus, car la durée plus longue compense le fait qu’ils chauffent moins. En pratique, c’est surtout le chauffage de l’eau qui plombe la note, pas le temps de fonctionnement.

Des astuces souvent oubliées (mais diablement efficaces)

Savez-vous ce qu’est un mousseur ou aérateur ? Ce petit embout à glisser sous votre robinet injecte de minuscules bulles d’air dans l’eau. Résultat : même débit ressenti sous la main, mais jusqu’à 50 % de consommation en moins. Florence Clément parle d’une astuce « simple et très peu coûteuse » pour gagner sans s’en rendre compte.

Autre secret pour survivre à la canicule sans se ruiner et sans clim : aérer au bon moment ! Oubliez l’ouverture des fenêtres en pleine après-midi torréfiée. Privilégiez les courants d’air en début et en fin de journée. Certes, ce n’est pas le moment le plus sympa pour inviter vos voisins à l’apéro, mais ainsi vous évacuez la chaleur et gardez votre logement frais — sans exploser la facture ou contribuer aux émissions de gaz à effet de serre (la climatisation a généré 40 % de celles du bâtiment en 2020 !). En hiver aussi, pensez à aérer au moins 10 minutes par jour pour garder un air sain — c’est validé par l’Ademe.

Petite mention pour les amis des plantes : grâce à l’évapotranspiration, elles contribuent aussi à la fraîcheur ambiante. Par exemple, un arbre mature dans une plantation évapore 450 litres d’eau par jour, soit l’équivalent de cinq climatiseurs allumés pendant 20 heures (sans la facture, ni la nuisance sonore… ni les moustiques !).

L’erreur fatale : négliger son isolation

Tout cela est bien beau, mais le Graal de l’économie durable reste de s’attaquer à l’isolation. Florence Clément est catégorique : « C’est par la rénovation qu’on peut faire de vraies économies ». Les principales pertes de chaleur ont souvent lieu par le toit ; ne laissez pas votre chauffage s’échapper par la fenêtre (ou plutôt, le plafond).

Gardez en tête que le chauffage représente à lui seul 66 % de la consommation énergétique d’un ménage français, et grimpe à 75 % lorsqu’on y ajoute la production d’eau chaude. L’isolation, c’est la base : on isole, puis on chauffe (ou on rafraîchit)… mais moins et mieux.

En résumé :

  • Traquez les appareils en veille et pensez à débrancher.
  • Remplissez vos machines et privilégiez les programmes éco.
  • Installez des mousseurs sur vos robinets.
  • Aérez intelligemment votre logement, été comme hiver.
  • Investissez, à terme, dans une bonne isolation.

Pour une facture (enfin) allégée, il ne suffit donc pas d’appliquer les recettes d’antan. Les économies sont à la portée des curieux prêts à changer d’angle et à oser sortir des sentiers battus… Le tout, sans rechigner à couper la lumière la prochaine fois que vous quittez une pièce !

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