Qui aurait pensé qu’une apprentie, débarquée presque par hasard, transformerait l’aventure de deux entrepreneurs bretons ? Dans la boutique L’Antre Frères, l’arrivée d’Ambre Collet ne devait être qu’une étape, c’est devenu un vrai tournant. Récit d’une rencontre où l’apprentissage rime avec bouleversement et esprit de famille.
Des ambitions chamboulées, des regrets envolés
Ambre Collet, aujourd’hui âgée de 20 ans, n’aurait jamais cru se lancer dans l’apprentissage. À la base, elle visait la filière générale. Mais certains professeurs, persuadés qu’elle n’était « pas assez douée » (comme quoi on n’a pas toujours le flair chez les conseillers d’orientation…), l’ont gentiment dissuadée. Résultat : Ambre a mis de côté son projet initial, et ne regrette rien. Pourquoi ? « Le mélange école, travail me plaît beaucoup. Ça ne nous lance pas dans le grand bain directement », explique-t-elle avec le sourire.
Son choix s’est arrêté sur un CAP Hôtellerie-restauration salle, option conseils fromages, vins et produits du terroir. Elle cherche alors une entreprise qui accepterait de l’accueillir. Grâce à son CFA, la voilà face à Gautier et Enguerrand Ducret, gérants de L’Antre Frères, une boutique sur laquelle elle avait jeté son dévolu. Coup de chance (ou du destin ?), ça colle immédiatement entre eux : « Ça a tout de suite accroché » pour reprendre les mots d’Ambre.
L’apprentissage : une voie sous-estimée mais précieuse
Fait révélateur : les deux frères avaient sollicité un apprenti depuis le printemps, et n’ont reçu qu’une seule candidature… celle d’Ambre. « Preuve que cette voie est sous-estimée », soulignent-ils. Pourtant, la relève n’est pas si rare : dans la classe d’Ambre, beaucoup de jeunes sont en formation, mais nombre d’entre eux visent surtout la sphère du digital et des réseaux sociaux. « Les jeunes veulent vendre sur Instagram, Facebook… », note Enguerrand Ducret. Mais il est lucide : « Il n’y aura pas du travail pour tout le monde. L’artisanat, ça existe depuis des siècles et ça va durer des siècles. »
Pour les deux frères, l’erreur serait de croire que l’artisanat est une voie du passé. Ils insistent :
- L’artisanat, c’est l’avenir autant que le passé
- Ce sont les apprentis qui font tourner les entreprises familiales
- L’alternance crée un cercle vertueux : main-d’œuvre supplémentaire pour le patron, bases solides pour l’apprenti
« Même si c’est assez intensif », reconnaissent-ils, la formule séduit : une semaine par mois en cours, et le reste en entreprise à raison de 35 heures hebdo. Ambre, elle, trouve son équilibre et découvre peu à peu le monde du fromage et du terroir.
Un esprit de famille… et une évolution visible
Chez L’Antre Frères, l’ambiance est bienveillante. « C’est comme si on avait une petite sœur », sourient Gautier et Enguerrand. Ambre, qui ne connaissait rien aux fromages à ses débuts, sait désormais assurer une vente simple. Une fierté partagée ! « J’apprends plein de choses, notamment le vocabulaire adéquat », confie Ambre, sourire aux lèvres.
Les frères l’ont rapidement mise à l’aise : « Tu as le droit de te planter, du moment que tu restes polie, courtoise, accueillante, souriante… On veut garder cet esprit familial. » Résultat, Ambre intègre parfaitement l’équipe et comprend ce qu’on attend d’elle. « Si les jeunes sont bien encadrés, bien formés, et s’ils voient qu’ils sont capables de faire de bonnes choses, ils sont super », affirment les gérants. Pour eux, pas de fausse note : il suffit d’un peu de temps et d’écoute pour révéler une « petite pépite ».
Alternance pour tous : un contrat gagnant
Pour ceux qui fuient l’idée de rester vissés sur une chaise derrière une table, l’apprentissage est une vraie solution. Et dans tous les domaines, affirment les deux entrepreneurs bretons. Le contrat d’apprentissage, rappelons-le, est « un contrat de travail qui permet de suivre par alternance des périodes de formation en entreprise et en centre de formation d’apprentis », d’après l’administration française.
L’engouement pour cette formule se confirme : 837 000 nouveaux contrats d’apprentissage ont été signés en 2022 dans les secteurs public et privé, selon le ministère du Travail, du Plein-emploi et de l’Insertion. Preuve que l’apprentissage s’impose désormais comme une voie d’avenir.
Conclusion : Et si, comme Ambre, on osait sauter dans le bain… sans se mouiller intégralement ? N’ayez crainte, l’aventure de l’apprentissage peut transformer des vies, à commencer par celle des entrepreneurs qui, parfois, n’attendent qu’une seule candidature pour changer de cap !













