Quand tous vos livrets réglementés sont pleins à craquer, il existe une astuce discrète et futée pour ne pas laisser votre épargne dormir sur un simple compte courant : les comptes à terme. S’ils étaient tombés dans l’oubli il y a peu, ils font aujourd’hui un retour remarqué, surtout alors que les taux d’intérêt remontent en flèche ! Prêt à booster vos économies sans bruit ? Suivez le guide…
Pourquoi les comptes à terme reviennent sous les projecteurs ?
Il fut un temps où le Livret A, le LEP ou encore le LDDS semblaient imbattables pour placer ses sous : accessibilité, sécurité, rendement… mais plafonds vite atteints ! Même une hausse, comme celle du LEP prévue début octobre, ne suffit parfois pas à canaliser votre puissantes envies d’épargne.
C’est là que les comptes à terme (CAT) se glissent en douce dans le paysage. Un CAT, c’est tout simplement un placement accessible à toute personne majeure domiciliée en France, chez qui l’on bloque une somme pour une durée fixée dès le départ, en échange d’un taux connu à l’avance. Longtemps boudés à cause de rémunérations peu reluisantes, les comptes à terme reviennent sur le devant de la scène grâce à la hausse des taux liée à la lutte contre l’inflation. « Depuis que ces taux ont été relevés, les CAT connaissent un regain d’intérêt », constate Adeline Moisiard, directrice marketing du comparateur Panorabanques.
CAT : champ libre sur les montants et des taux qui font rêver
Le grand atout des CAT ? Au-delà de la sécurité (pas de spéculation, pas de montagnes russes boursières), ils offrent pour certains des taux supérieurs à ceux du Livret A, bloqué à 3 % jusqu’en février 2025, et parfois même au-delà. Adeline Moisiard indique que « parmi les CAT, il y a beaucoup d’offres dont le taux monte à 4 %, voire plus ». De quoi rendre jaloux vos traditionnels livrets !
Et ce n’est pas tout : ici, pas de plafond serré qui bride vos ambitions. Les limites de dépôt peuvent grimper à plusieurs centaines de milliers, voire millions d’euros. Place aux gros montants… ou à ceux qui rêvent grand !
- Taux d’intérêt souvent plus élevés que sur les livrets réglementés
- Plafonds de versement très élevés
- Sécurité du placement
Mais la médaille a son revers : le versement sur un CAT est unique, pour une durée déterminée à l’ouverture. Impossible d’alimenter à nouveau le compte en cours de route, ni de retirer votre magot avant l’échéance douce, sauf à rogner sérieusement sur vos gains avec des pénalités de sortie anticipée. D’où la prudence d’Adeline Moisiard : « Lorsqu’on décide de placer sur un CAT, il faut être certain que l’on ne va pas avoir à utiliser cet argent dans le temps défini ».
Connaître les subtilités avant de foncer
Choisir la durée de blocage des fonds fait partie du jeu : quelques mois à cinq ans, tout est possible selon l’offre. À noter, certains placements offrent un taux progressif. Illustration ? Celui sur cinq ans de Monabanq, qui démarre à 1,60 % la première année, poursuit lentement sa montée en gamme : 2,30 % la deuxième, 3 % la troisième, 3,40 % la quatrième et clôture fièrement à 4,80 % la cinquième année.
Une particularité à connaître : chaque CAT exige un montant minimum pour la souscription, qui varie selon les offres – de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros. Et, subtilité fiscale : tout gain est soumis aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu (hélas, pas d’exception magique). Concrètement « il faut déduire les 30 % correspondant à la flat tax », rappelle Adeline Moisiard, contrairement aux intérêts des livrets qui, eux, sont versés nets.
Comment choisir le bon CAT ? Et où les dénicher ?
Les CAT conviennent parfaitement à certaines situations, notamment si vous venez de percevoir une grosse somme (héritage, vente immobilière…) sans besoin immédiat de cet argent. Le taux étant fixé à la souscription, il est même judicieux d’en ouvrir un quand les taux sont hauts, comme c’est le cas aujourd’hui.
Et pour les trouver ? Chaque banque (en ligne ou en agence) propose ses CAT, mais il faut parfois jouer au détective, car les établissements classiques ne les mettent pas toujours en avant. Les banques en ligne les affichent souvent plus clairement. Panorabanques, pour sa part, en propose une analyse suivie.
Le bon plan mis en avant par Adeline Moisiard : les offres sur la plate-forme Raisin, qui agrège des comptes à terme et livrets de banques européennes (suédoises, belges, slovaques, tchèques, etc.), pouvant afficher des taux particulièrement attractifs. Exemple : Klarna (Suède), 3,96 % la première année. L’experte précise « qu’il faut toujours s’intéresser au préalable à ce sur quoi on dépose notre argent. Mais bien qu’à l’étranger, ces placements restent sans risque ».
En effet, chaque CAT bénéficie du fonds de garantie des dépôts du pays d’origine de la banque. En cas de catastrophe, vous êtes couverts à hauteur du plafond local – pour la Suède, c’est 1 050 000 couronnes (≈ 90 000 €). D’ailleurs, sur Raisin, le montant que l’on peut placer ne dépasse généralement pas la limite de protection nationale.
Bref, si vous avez atteint le plafond des livrets classiques et que vous cherchez où poser vos économies sans risquer la crise de nerfs à la moindre fluctuation boursière, les comptes à terme constituent une piste sérieuse. Reste à choisir la durée, la banque (et à bien relire les petites lignes du contrat) : parfois, la fortune sourit aux audacieux… mais surtout aux bien informés !













