Voici les frais cachés qui peuvent ruiner une succession inattendue

Vous pensez toucher un héritage en toute tranquillité ? Attention, la succession a parfois autant de mauvaises surprises qu’une pochette-surprise piégée. Outre les droits de succession, de nombreux frais sortent de l’ombre au moment du règlement, et ils peuvent sérieusement alléger l’héritage, voire le transformer en cadeau empoisonné… Enquête, point par point, sur ces frais cachés qui s’invitent dans la partie sans y avoir été invités.

Les incontournables : les frais de notaire et formalités diverses

Pierre angulaire de toute succession ou presque, le notaire n’intervient pas toujours par obligation, mais dans les faits, son expertise est presque systématiquement sollicitée. Et bien entendu, chaque opération ou acte mérite rétribution : ce sont les fameux émoluments, pièces principales du coût du règlement de succession. On y ajoute les dépenses liées à l’obtention de documents nécessaires. Bonne nouvelle : les émoluments ont connu, depuis le 1er janvier 2021, une légère baisse grâce à une révision du barème. Mauvaise nouvelle : même exemptés de droits de succession via des abattements, les héritiers continuent souvent de régler d’importants frais de notaire.

  • Rémunération du notaire pour chaque acte ou opération.
  • Coût de l’acte de notoriété, nécessaire pour prouver sa qualité d’héritier auprès des banques, caisses de retraite, compagnies d’assurances et autres acteurs tiers : ce précieux document officialise qui a le droit de recevoir, en tout ou partie, le patrimoine laissé (art. 730-1 du code civil).
  • Frais annexes pour l’obtention de multiples documents administratifs exigeant l’intervention du notaire.

Les héritiers face au maquis des dettes… et autres surprises financières

L’héritage, ce n’est hélas pas toujours synonyme de cagnotte inattendue. Certaines obligations financières peuvent s’y cacher, prêtes à bondir comme un ressort au moindre faux-pas administratif :

  • Remboursement d’aides sociales : saviez-vous que, parfois, les héritiers doivent rembourser des aides sociales perçues par le défunt, notamment dans les derniers mois ou années de sa vie ? Cet aspect méconnu peut frapper fort : il n’est pas rare que la note grimpe à plusieurs dizaines de milliers d’euros.
  • Dettes du défunt : gare à l’épouvantail des dettes héritées. Les enfants d’un propriétaire décédé se sont déjà vu condamnés par la Cour de cassation à payer près de 100 000 € de charges impayées à une copropriété, faute d’avoir renoncé à la succession dans le temps imparti. Un piège redoutable, refermé quand on croyait flairer une bonne affaire…

Généalogistes et autres acteurs, les nouveaux invités parfois coûteux

Pour les successions épineuses (celles où la famille a pris ses distances… géographiques ou affectives), des professionnels du généalogique mettent leur nez dans l’affaire. Leur mission : retrouver les héritiers. Mais leur rémunération, jugée opaque, fait grincer bien des dents. D’ailleurs, une proposition de loi récente vise à ramener un peu de clarté dans ce secteur. Parallèlement, de nouveaux acteurs s’intéressent aux comptes bancaires oubliés transférés à la Caisse des dépôts et consignations : encore une couche de complexité, et potentiellement des frais en plus.

Quelques options, rares exceptions et pistes de réflexion

Dans la grande loterie de la succession, il existe cependant quelques tickets gagnants ou au moins allégeants :

  • En Corse, bonne nouvelle pour les propriétaires immobiliers : l’exonération partielle des droits de succession sur les biens localisés sur l’île de Beauté ne disparaîtra pas. Elle vient d’être prolongée de dix ans, pérennisant un avantage fiscal qui existe depuis… plus de deux siècles, rien que ça !
  • Étalement du paiement : les héritiers peuvent parfois demander de différer ou fractionner le paiement de leurs droits de succession. Mais attention, ce crédit fiscal a un prix : des intérêts à régler, dont le taux pour 2025 vient tout juste d’être défini.
  • Pour les familles ayant anticipé la transmission depuis de longues années (comme Micheline et Michel par exemple), il convient de surveiller de près le montant du patrimoine, afin de continuer à transmettre à leurs proches tout en évitant de sombrer sous la charge fiscale.

Conclusion : Ne partez jamais à l’aventure successorale sans boussole… ou sans conseils éclairés ! Les successions recèlent bien des pièges insidieux, entre frais de notaire, dettes oubliées et remboursements sociaux impromptus. Avant de trinquer (ou de pleurer sur la tombe du portefeuille), une vérification minutieuse s’impose, de même qu’un accompagnement d’expert pour éviter que l’héritage ne se transforme en roman noir ! Si la moindre interrogation subsiste, sachez que des experts réglementaires, fiscaux ou financiers peuvent vous guider dans toutes les démarches. Sans cela, gare… à la déconvenue.

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